Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /Déc /2009 13:59

poison.jpg Voilà un article sur les OGM un peu long, il est vrai mais c'est tellement rare de voir un scientifique prendre fait et cause contre les OGM que l'on essaie de nous mettre dans nos assiettes de force, qu'il est bon de répandre la bonne nouvelle !

Un petit sondage vous attend à la fin de cette interview, alors à vous de cliquer et de nous donner votre opinion !


Sources : Consom'Action, magazine des Biocoops

A l'heure où la France prépare une loi sur l'information du public en matière environnementale, Consom'Action a donné la parole à un scientifique spécialiste des O.G.M., Christian Vélot pour nous aider à comprendre pourquoi refuser les O.G.M. ce n'est pas s'opposer au progrès !

Consom'Action : Qu'est-ce qui vous autorise à parler des O.G.M. ?

Christian Vélot :

J'en fais dans mon labo chaque semaine depuis 1995, je suis donc bien placé pour savoir qu'on ne maîtrise rien en termes de conséquences !

La technique O.G.M. est avant tout un outil, utilisé depuis plus de 25 ans, notamment pour produire certains médicaments comme l'insuline.

Lorsque j'ai vu que les O.G.M. étaient utilisés comme une fin en soi, sous forme de plantes agricoles et commercialisés pour la consommation animale et/ou humaine, ça m'a paru fou ! J'ai regardé les dossiers et ai très vite observé des carences d'évaluation, des opacités, des absurdités... La technologie O.G.M. peut être intéressante en tant qu'outil pour le chercheur mais répandre des plantes O.G.M. en plein champ est totalement irresponsable. En tant que scientifique mais aussi en tant que citoyen, je ne peux pas ne pas le dire !

Pouvez-vous nous donner un exemple de ces carences et opacités d'évaluation ?


Christian Vélot : 99 % des plantes génétiquement modifiées (PGM) accumulent un pesticide. Etant destinées à l'alimentation humaine ou animale, elles devraient donc être évaluées comme des pesticides pendant deux ans. Or elles ne sont jamais évaluées plus de trois mois ! Pour des raisons de protection industrielle, les études sont effectuées par un laboratoire choisi par la firme semencière concernée...

Comment expliquez-vous qu'il n'y ait pas encore de consensus scientifique sur les OGM, que les avis soient radicalement opposés ?

Christian Vélot : Les scientifiques dont je fais partie ne disent pas le contraire des pro-OGM. Nous jouons l'humilité et demandons que des études plus poussées soient faites dans des conditions incontestables, pour démontrer l'absence de risques pour l'homme et l'environnement. Les trop rares études auxquelles on a pu avor accès nous donnent des raisons d'être inquiets. En science, on doit pouvoir trancher les controverses par l'expérience.

Ce que l'on propose pour l'instant c'est comme si quelqu'un, devant une autoroute, avait vu passer mille voitures sans accident et en concluait qu'il n'y a aucun risque de rouler en auto. C'est très insuffisant et non scientifique. Mais le temps que demande l'évaluation scientifique rigoureuse est incompatible avec l'urgence des brevets et des profits !

Qu'est-ce qui a déclenché votre engagement si militant ?

Christian Vélot : Un jour, j'ai assisté à un débat entre un scientifique partisan des OGM et un agriculteur qui y était opposé. Ce dernier a été discrédité dans le débat alors qu'il avait des arguments très pertinents sur les plans agricole, environnemental, économique.

J'ai décidé de prendre la parole en veillant à bien séparer la recherche médicale et les plantes génétiquement modifiées.

Il y a un véritable engouement du grand public pour vos interventions car vous expliquez très clairement et avec humour des questions pourtant pointues. Ca vous vient naturellement ?


Christian Vélot : Etudiant, pour pouvoir partager ce que je faisais avec ma fratrie, je cherchais des images pour mieux me faire comprendre. Cette remise en question permanente de la science par les citoyens me semble indispensable pour éviter la dérive technoscientifique qui occulte complètement les dimensions sociales. Pour moi la science n'est pas synonyme de progrès. Elle peut y contribuer pourquoi pas ou au contraire !

Qu'est-ce qui permet d'éviter la dérive ?

Christian Vélot : Il faudrait que l'évaluation des risques soit assurée, que la recherche soit pluridisciplinaire pour élaborer des alternatives plus subtiles. Or depuis 25 ans, l'Etat se déresponsabilise dans le financement de la recherche. L'industrie a pris le relais avec une exigence de retours sur investissement rapides : désormais on ne cherche plus à comprendre le vivant mais à le maîtriser.

Les OGM sont à la recherche ce que les effets spéciaux sont au cinéma : ils sont censés n'être qu'un outil pour aider à contourner les difficultés. Mais certains font des effets spéciaux pour le plaisir et d'autres... pour l'argent !
...
On nous dit qu'il faut produire pour nourrir la planète mais on produit déjà de quoi nourrir deux fois plus que la population mondiale alors que 80 % des malnutris sont des paysans !

En tenant ce discours, vous vous êtes mis la communauté scientifique à dos...

Oui, certains m'ont même dit que je salissais la science ! Mon institut qui dépend notamment du CNRS m'a reproché de prendre des positions en son nom alors que je le fais à titre personnel mais je donne mon affiliation pour justifier de mes compétences. Je suis remercié à la fin de 2009. Heureusement, l'université Paris-Sus s'est engagée à ce que je puisse continuer mes recherches au-delà.

Est-il utile que chaque citoyen s'engage individuellement comme vous le faites, quelles qu'en soient les conséquences ? Aller jusqu'à faucher un champ de culture OGM, se mettre hors la loi ? Ca a du sens ?


Autant que d'être résistant en 1940. Les faucheurs volontaires, en pratiquant la désobéissance civile, agissent en éveilleurs de conscience. En France tout ce mouvement anti-OGM a fait tâche d'huile. Les intentions des semencierss étaient d'avoir en Europe 50 % des semences OGM en 2009 : on en est à moins de 0,1 % !

C'est le résultat d'un fantastique travail de fourmi : ONG, associations, individus.

Aujourd'hui toute l'Europe résiste et certains pays d'Amérique commencent à faire marche arrière. Cette mobilisation totalement citoyenne envahit le monde politique. Pour la première fois, le conseil européen des ministres de l'environnement a dégagé une majorité pour soutenir les moratoires autrichiens et hongros contre le maïs MON810.

De manière générale, la prise de conscience écologique n'est pas un simple feu de paille. Les filsm écolos remplissent les salles et l'environnement n'es pas passé au second plan pour les citoyens. On a donc toutes les raisons de continuer à se mobiliser".

Sources : Consom'Action - Sept/Oct 2009

Petit sondage




Par ExploraNature - Publié dans : Prenez soin de votre santé autrement
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